DélégationAriège-Garonne

Pause Mamans de Bonnefoy

Quand une parenthèse s’ouvre : « l’apprend-tissage »

À la Pause Mamans de Bonnefoy, à Toulouse, il se passe des choses ! Témoignage d’une bénévole engagée.

Quand une parenthèse s'ouvre : « l'apprend-tissage »

publié en juillet 2017

Nouvellement arrivées en février 2016, nous ne comptions qu’une maman et son petit garçon à la Pause Mamans de Bonnefoy. Nous étions alors quatre bénévoles, accompagnées d’un animateur salarié. Ce projet a été pensé dans l’esprit d’accueillir un public de femmes isolées, avec leurs enfants, le dimanche, afin de partager un moment convivial et d’écoute active et de rompre l’isolement.

Pause Mamans s’est enrichie de l’arrivée progressive de sept jeunes femmes et de leurs enfants.

Nous avons, dès les premiers accueils, constaté que beaucoup de mamans étaient en situation irrégulière, et en marge des démarches administratives pour des raisons de non-compréhension et de non-maîtrise de la langue française entre autres. De plus leurs conditions d’hébergement relevaient de l’urgence ce qui nous a amenées à orienter notre accompagnement en dehors des accueils, en lien avec le service Migrants qui a été d’un soutien très précieux, tant sur le plan juridique que moral, sans compter les équipes de l’Ostalada et de l’accueil de Bonnefoy qui ont généreusement dispensé des cours de français aux mamans ayant la possibilité de faire garder leurs enfants.

Cette réalité de contraintes demeure un réel handicap pour favoriser l’autonomie des mamans, bien qu’ayant fait le nécessaire pour que leurs enfants soient inscrits au centre petite enfance et bénéficient d’une place en garderie ou en halte – les structures en manquent.

Au cours de cette année, une relation de confiance et de fraternité s’est instaurée. Nous avons beaucoup ri et pleuré parfois. Passée la rencontre, les interactions se sont révélées bouleversantes sur tous les plans.

Les rencontres ont été ponctuées d’une sortie au Muséum de Toulouse, d’une initiation à la pâtisserie française (avec la confection d’un gâteau que nous avons ensuite partagé autour d’un thé, café, jus de fruits), de sorties au parc de Bonnefoy où les enfants ont pu se dépenser pendant que les mamans échangeaient sur leurs problématiques, aspirations, etc.

Le fil d’Ariane se tisse…

Certaines mamans s’occupent, prennent soin des enfants des autres, lorsque d’autres nous aident, bénévoles, facilitant la communication, en traduisant nos entrevues.

Ayant acquis, pour certaines, une autonomie dans le domaine administratif, elles se partagent, se transmettent à leur tour les procédures de la société française. Une solidarité est née.

De plus, les mamans se rencontrent en dehors des temps d’accueil, ce qui leur permet de supporter leurs conditions d’existence précaires, elles sont plus fortes ensemble, l’isolement est rompu.

Souhaitant s’investir davantage, et donner une autre dimension à ces occasions, les mamans ont échangé avec nous sur leurs désirs d’activités, et ont émis le souhait de cuisiner, ce qu’elles n’ont pas la possibilité de faire, puisqu’elles n’ont ni de quoi conditionner, ni de quoi cuisiner les aliments. C’est un aspect du quotidien qui leur manque fondamentalement. Quant aux enfants, ils aiment faire des puzzles, des coloriages, et expriment le désir de se mouvoir à l’extérieur.

Prenant en considération leurs attentes, nous avons, lors d’une concertation, élaboré le projet d’organiser l’accueil pour la rentrée de septembre 2017, de façon à concilier ce que tous les participants souhaitent entreprendre.

Un temps sera donc consacré au traitement des réalités administratives, parallèlement certaines mamans pourront suivre des cours de français dans une autre salle.

Dans un deuxième temps, elles se concerteront les premiers dimanches du mois pour décider du plat qu’elles cuisineront les derniers dimanches, à cette occasion elles listeront les ustensiles et les ingrédients nécessaires à la préparation. L’atelier cuisine sera un moyen ludique d’échanges enrichissants et constructifs sur le plan linguistique.

Afin de renforcer les liens, de construire les relations dans un autre contexte que celui de la personne accueillie, de les inscrire dans une démarche où elles sont actrices, puisqu’elles révéleront leurs savoir-faire et partageront leur culture, et afin de leur permettre de « recevoir », des repas partagés avec le service Migrants et tout autres accompagnants dans leur quotidien seront organisés.

Pour satisfaire aux attentes des enfants, et proposer une activité collective qui favorisera la détente et conjuguera les besoins de tout le monde, nous nous rendrons à la piscine une fois tous les deux mois.

Dans la perspective de permettre à ces femmes de se réaliser et d’obtenir une situation plus pérenne, nous aurions besoin de bénévoles ainsi que d’un budget de fonctionnement afin de concrétiser leurs ambitions.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. »

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