Prison : entreprise d’insertion ?
Cette année, les Journées nationales prison mettent en débat la mission de réinsertion sociale assignée à la prison en interrogeant les moyens mis en œuvre pour la rendre effective : formations professionnelles, programmes d’enseignement, activités culturelles et travail. En effet, si la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 parle de la nécessité de préparer l’insertion ou la réinsertion des personnes incarcérées, dans les faits, la plupart d’entre elles se voient toujours privées des moyens et de la possibilité d’être actrices de leur vie :
Formations professionnelles peu nombreuses et souvent peu qualifiantes.
Activités rémunérées dans un cadre dérogatoire du droit du travail. Ainsi, seuls 35,7 % des détenus bénéficient d’une activité rémunérée (travail et formation professionnelle).
Programmes d’enseignement peu nombreux et tournés vers l’apprentissage (23,4 % des détenus).
Activités sportives et socioculturelles, mais surtout une obligation d’activité pour les personnes détenues qui a pour corollaire que la participation à ces activités est déterminante pour l’obtention de remise de peine, sans forcément qu’il y ait prise en compte du souhait de parcours de réinsertion de la personne (on décide pour elle des « bonnes » activités).
Le programme des manifestations
Lundi 21 novembre à 18 h 30 : table ronde sur le thème « Prison : entreprise d’insertion ? » - amphi Mestre de l’université de Toulouse 1 Capitole (l’Arsenal)
Mardi 22 novembre à 20 h 15 : ciné-débat La Rage et le rêve des condamnés, de J-P Krief - Agora Peyramont, 32, chemin de la Pradette, Muret
Jeudi 24 novembre à 18 h 30 : conférence-débat avec Arthur Frayer, auteur de Dans la peau d’un maton (éd. Fayard, 2011) - librairie La Renaissance, 1, allée Marc-Saint-Saëns, Toulouse (métro Basso-Cambo)
Les Journées nationales prison
Elles ont été créées voilà près de vingt ans afin de sensibiliser l’opinion publique sur la réalité de la vie en détention et sur les alternatives possibles pour concilier sécurité du citoyen, justice pour la victime, dignité de la personne délinquante et réinsertion sociale de cette dernière. À l’occasion de ces journées, des manifestations sont organisées autour d’un thème, différent chaque année.
À Toulouse, le groupe local de concertation prison comprend : l’ACAT, l’ANVP, Auxilia, le Courrier de Bovet, le CRI, le GENEPI, la LDH, l’Oustal, le Passage, Roqueclaire, le Secours Catholique.