DélégationAriège-Garonne

Journée mondiale des réfugiés

Young Caritas se mobilise et témoigne

Mardi 20 juin 2017, pour la Journée mondiale des réfugiés, dix bénévoles des Young Caritas Ariège-Garonne sont allés à la rencontre des quatre classes de sixième du collège Saint-Nicolas, situé dans le quartier toulousain de Saint-Cyprien.

publié en juillet 2017

Conscients de l’importance de la question interculturelle et de la création de lien social grâce à la diversité du groupe, les Young Caritas ont souhaité se saisir de l’opportunité de la Journée mondiale des réfugiés pour témoigner de leur expérience du vivre-ensemble. C’est ainsi qu’ils sont intervenus auprès du public préadolescent, par binômes ou trinômes associant bénévoles français et étrangers. Ceux qui ont vécu l’exil ont ainsi eu l’occasion de prendre la parole et de devenir acteurs de la sensibilisation. « Ce jour a été le jour le plus heureux depuis que je suis en France ! Les élèves ont été à la fois humbles, amicaux, gentils… et brillants ! J’ai adoré quand ils m’ont posé des questions […]. Merci de m’avoir permis de participer à ce projet, qu’importe la barrière de la langue » a confié Kenny, demandeur d’asile nigérian, bénévole des Young Caritas rencontré par le biais des cours de français donnés à l’Ostalada.

Le jeu, un langage pour mieux sensibiliser

Lors de cette action, les Young Caritas ont utilisé le jeu « En route avec les migrants », développé par l’Association des cités du Secours Catholique (ACSC) et le Secours Catholique-Caritas France. « En route avec les migrants » permet de prendre conscience des réalités de l’exil et de la migration, ainsi que de l’impact des politiques des différents pays de transit et d’accueil pour ces migrants.

Les bénévoles avaient testé le jeu eux-mêmes au préalable et avaient tous été très émus car ce jeu invite à se mettre dans la peau d’une personne qui quitte son pays, et qui rencontre des obstacles tels que le trafic d’organes, le « dublinage » (renvoi du demandeur d’asile vers le premier pays de l’UE qu’il a traversé en application du règlement Dublin III), les réseaux de prostitution, etc. Ensemble, ils ont choisi d’utiliser le plateau de jeu « Europe » afin de déconstruire le stéréotype des migrations qui auraient lieu uniquement entre pays du Sud et du Nord, et de mieux visualiser l’hétérogénéité des contextes économiques et sociaux sur notre continent.

Découverte des parcours migratoires par les élèves

Chaque binôme a pris la liberté d’utiliser le jeu à sa manière : certains ont projeté le plateau de jeu au tableau et ont fait jouer tour à tour les équipes, d’autres ont joué leur parcours migratoire dans leur coin et sont ensuite venus présenter au tableau leur histoire. Mettre les élèves en situation de migration à travers ce jeu a permis de révéler la singularité des parcours migratoires. « Ce jeu consistait à leur faire comprendre les raisons pour lesquelles certaines personnes décident de quitter leur pays ou leur continent pour s’installer dans d’autres, parfois illégalement et sans argent, pour leur faire imaginer aussi les différentes difficultés et souffrances qu’ils endurent pendant leur trajet » explique Nathan*, bénévole camerounais à Young Caritas.

Dialoguer avec les acteurs de demain

Avant de se plonger dans les personnages et leur histoire, les bénévoles ont consacré un temps à la question suivante : qu’est-ce qu’un réfugié ? Les réponses ont fusé, tout aussi pertinentes les unes que les autres, comme en témoigne Adeline : « J’ai été marquée par la curiosité des enfants, leur investissement dans le jeu et aussi leurs connaissances. Je crois que nous avons tendance à sous-estimer leur savoir. Aujourd’hui, en partie grâce à internet, ils ont accès à beaucoup de choses. Ils avaient quasiment tout juste quand nous leur avons demandé ce qu’était un migrant, un demandeur d’asile, un réfugié, un exilé, un sans-papiers… J’étais franchement impressionnée ! » Et c’est aussi ce qu’a ressenti Nathan avec les élèves auprès desquels il est intervenu : « On a eu une bonne et une très bonne réponse. J’ai été surpris de voir que même les petits étaient si bien renseignés sur la situation ! »

Présentation du parcours migratoire de son personnage

Puis, après le jeu captivant et riche en informations, les bénévoles Young Caritas ont tenu à avoir un temps de discussion avec les élèves avant de repartir, un temps où chacun pouvait s’exprimer sur ce qu’il avait ressenti et où ils pouvaient poser leurs questions aux jeunes présents. « Dans mon groupe, ils ont questionné Kenny sur son parcours, son histoire. Ils avaient envie de comprendre pourquoi il était parti de chez lui et ce qu’il avait vécu. Je crois que son témoignage les a beaucoup touchés, autant qu’il m’a touchée, moi, qui ne connaissait pas non plus son histoire. Je pense qu’ils ont compris que beaucoup de migrants ne quittent pas leur pays par choix, mais par instinct de survie. Que ce n’est pas par envie ou plaisir qu’ils décident de traverser tant d’obstacles pour venir chez nous. Leur curiosité envers Kenny était empreinte de respect et de prévenance. “Dites, madame, vous croyez que je peux lui poser cette question ?” Non, ce n’était pas du tout une curiosité mal placée, comme certains adultes pourraient l’avoir. Ces jeunes m’ont bluffée, et je suis de plus en plus convaincue que cette nouvelle génération a toutes les ressources pour s’ouvrir au monde et changer la société, si on croit en elle et qu’on ne la sous-estime pas » raconte Adeline.

Les Young Caritas se souviennent aujourd’hui de cette expérience comme d’un véritable moment d’échange avec ces jeunes, acteurs de demain, et ont pu s’en inspirer pour nourrir l’espoir de construire ensemble une société juste et fraternelle. Les Young Caritas sont unanimes, ils sont prêts à retenter l’expérience, à discuter des problématiques de notre société avec les plus jeunes qui la composent, et à collaborer avec les établissements scolaires, lieux d’éducation et d’expérimentation sociale. « Je pense que les enfants ont retiré quelque chose de cette journée, j’étais très content et j’aimerais bien participer à d’autres interventions comme celle-là » affirme Nathan. Une opinion partagée par Kenny qui insiste : « j’espère réellement le refaire ».

Merci à Matthieu Galvani, responsable de la Pastorale du collège Saint-Nicolas, d’avoir rendu cette action possible et d’avoir chaleureusement accueilli les Young Caritas.

* Afin de protéger la vie privée des personnes, certains prénoms ont été modifiés.

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