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Toulouse

Jeudi à croquer à l’Ostalada, des mots forts pour parler des migrants

« À y bien regarder, nos ressemblances sont plus nombreuses que nos différences »

Nous n’avons jamais fini de découvrir ce que recèle le mot « migrants ». La preuve ? Le public de tous horizons rassemblé à l’Ostalada de Toulouse, jeudi 18 janvier, était très nombreux, attentif et très interactif. À l’invitation de l’équipe Action internationale du Secours Catholique, organisatrice de cette soirée des « Jeudis à croquer », le documentaire d’Adrien Pinon « Welcome chez nous » a été projeté, puis Julien Bareguwera a animé le débat.

Jeudi à croquer à l'Ostalada, des mots forts pour parler des migrants

publié en janvier 2018

Avocat burundais, ayant acquis le statut de réfugié, Julien Bareguwera, appuyé par l’un de ses amis burundais présent dans la salle, a nourri le débat avec des phrases sensibles et profondes, comme un florilège à méditer : « Vous vivez depuis cinquante ans dans un pays en paix et vous ne vous en rendez pas compte. Mais n’oubliez pas qu’il n’y aura jamais de paix mondiale, tant qu’il existe quelque part une injustice. Quel que soit le lieu de cette injustice, elle vous concerne ; aujourd’hui, tous les hommes sont connectés. » À ceux d’entre nous qui s’interrogent sur la présence des migrants si nombreux, il répond : « Moi aussi, je m’interroge ! Chaque jour je me demande si j’ai pris la bonne décision, s’il n’y en avait pas une meilleure. Penser que je ne reverrai jamais ma mère, c’est une pensée si douloureuse. » L’intégration n’est pas une étape facile, mais, poursuit-il : « Je vais vous dire : la réussite de l’intégration, elle se situe dans l’instant où on se trouve en face à face avec quelqu’un et que l’on fait un pas. Qu’on se parle. Ceux qui m’ont permis de m’intégrer sont ceux qui m’ont dit : ne te décourage pas. Aujourd’hui, je ne dirais pas “Vive la France”, mais “Oui, la France est vivante”, grâce à vous tous. »

Dans une séquence émouvante du documentaire qui précédait, « Welcome chez nous », on avait pu voir le groupe de jeunes Afghans accueillis au village de Serquigny, village de l’Eure, danser avec la population locale dans une salle de fêtes, car « le repas, la danse et la musique, ça c’est universel ». En écho, Julien Bareguwera ajoute : « Si vous pensez que les hommes sont tous semblables, vous commettrez des crimes contre ceux qui ne sont pas comme vous ; mais si vous pensez que nous sommes tous différents, vous vous croirez unique au monde et vous allez aussi faire des horreurs. » S’intégrer, oui, mais sans disparaître : « Pour que mes enfants deviennent français, témoigne son ami, je dois rester aussi vraiment de mon pays. Les différences ne s’entrechoquent pas, elles s’entremêlent. » À garder dans nos mémoires, sans que ce soit un mot de fin : « À y bien regarder, nos ressemblances sont plus nombreuses que nos différences. »

>> Prochaine soirée « Jeudi à croquer » organisée par l’équipe Action internationale du Secours Catholique à l’Ostalada : le 15 mars 2018 à 19 h, autour du film « 18 Fugitives » (réalisé par Paul Cowan et Amer Shomali), dont l’action se déroule en Israël - Palestine.

L’Ostalada, lieu d’accueil de jour,
22, place Arnaud-Bernard à Toulouse.

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